Habré, sa police politique et ses geôles secrètes – Le Monde – 9.02.2016

Les archives sur la mécanique répressive de l’ancien dictateur tchadien sont au cœur de son procès.

LE MONDE |

Par Jean-Pierre Bat et Joan Tilouine

« Nous avons quelques questions à vous poser. » N’Djamena, 3 mai 1988. Le ton ferme, des agents de renseignement en civil raflent, à la sortie de la mosquée, Brahim Kossé Abkara. Agé de 44 ans, ce Zaghawa, une ethnie du nord-est du Tchad, est soupçonné de participer à une « révolution » contre le régime du président Hissène Habré, dont le procès pour crimes contre l’humanité, devant les Chambres africaines extraordinaires, a repris lundi 8 février à Dakar. Le Tchad est alors en guerre contre la Libye de Mouammar Kadhafi.

C’est encadré par ces nervis de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) qu’il traverse la ville à bord d’une Peugeot 404, qui, dans sa version pick-up, sert aussi de corbillard pour les victimes de la police politique du régime. Lorsqu’il descend, il est poussé de force dans la « piscine », le nom donné à un bassin hérité de la période coloniale, et transformé en 1987 en un mouroir aux cellules exiguës. La « piscine » est l’un des sept centres de détention et de torture qui composent l’« archipel des prisons » de la capitale tchadienne. Lire la suite

Source : lemonde.fr – Habré, sa police politique et ses geôles secrètes – 9.02.2016

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