Et le nom de la promotion 2019 est…

Les étudiants de Sciences Po Saint-Germain actuellement en 4e année ont choisi le nom de promotion qui les accompagnera jusqu’à la fin de leur scolarité, et bien au-delà. Élément fort d’identité, démarche symbolique, le nom de promotion “suit” les étudiants au cours de leur parcours de vie.

Après un vote serré, Gisèle Halimi est sortie vainqueur face à des noms aussi prestigieux que Simone Veil ou Marguerite Yourcenar.

Lire l’argumentaire de la promotion 2019 :

Perçue dès sa naissance comme une « malédiction » dans sa famille traditionaliste, Gisèle Halimi a œuvré toute sa vie pour améliorer la condition des femmes. Cette volonté d’acquérir, pour elle, et pour les autres « des bouts de liberté » se manifeste dès ses 13 ans, lorsqu’elle entame une grève de la faim pour ne plus avoir à faire le lit de son frère. En 1971, elle signe le Manifeste des 343 et fonde (avec Simone de Beauvoir) le mouvement Choisir la cause des femmes qui milite en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Cet engagement féministe s’illustre notamment dans son travail d’avocate, elle défend en 1972 une jeune fille de 16 ans ayant avorté après un viol. Elle obtient un sursis pour la mère et les deux amies ayant aidé la jeune fille. Ce procès contribue à l’évolution de la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse. Plus tard, elle défend deux jeunes femmes victime d’un viol collectif, sa stratégie de défense et la médiatisation du procès conduisent à l’adoption d’une nouvelle loi en 1980 définissant clairement le viol et l’attentat à la pudeur et les reconnaissant comme des crimes.

Mais l’engagement de Gisèle Halimi ne se cantonne pas à des causes féministes. Elle milite pour l’indépendance de son pays, la Tunisie, mais également l’Algérie. Elle dénonce les tortures pratiquées par l’armée française, et devient l’avocate de Djamila Boupacha, militante du FLN, torturée et violée par des parachutistes français durant sa détention. Par la suite, elle préside une commission d’enquête sur les crimes de guerres américains au Vietnam. Députée, elle prend position contre la peine de mort et pour la dépénalisation de l’homosexualité. Elle est également l’une des fondatrices de l’association ATTAC.

Gisèle Halimi est donc une figure « entière » qui a tenté toute sa vie de combattre les inégalités et les injustices, son rôle primordial a notamment été reconnu par sa décoration en tant que commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur.

Gisèle Halimi, comme notre école, est une véritable pionnière. Ses engagements restent toujours d’actualité, et nous pouvons être la génération les relayant. Son injonction « Ne vous résignez jamais ! » est particulièrement importante pour une promotion, comme la nôtre, qui se veut porteuse de changements, aussi divers soient-ils. 

 

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